Accueil / Le lycée Suger / Qui était Suger ?

Qui était Suger ?

Né en 1080 d’une famille d’administrateurs de l’abbaye de Saint-Denis, Suger (on prononce Sugé au Moyen-Age) a entrepris des études pour devenir moine. C’est au cours de cette période, qu’il a rencontré le futur roi Louis VI avec lequel il a peu a peu défendu l’idée d’un pouvoir royal fort et unifiant contre le pouvoir féodal morcelé alors en place en faisant de l’abbaye de Saint-Denis un élément central de stabilité politique. Il est élu abbé de Saint-Denis en 1122. Défenseur de l’idée d’une église fastueuse, il a alors entrepris la reconstruction de l’ancienne abbatiale carolingienne pour en faire la basilique de Saint-Denis. Prototype de l’architecture gothique, celle-ci conserva sa nef historique, privilégia l’entrée de la lumière – chargée d’une force symbolique – et s’éleva en adoptant la technique de la croisée d’ogives qui permet de mieux répartir les forces vers les piliers. Elle devint dès lors définitivement nécropole des rois de France.

Suger

POURQUOI AVOIR CHOISI LE NOM DE SUGER ?

Le choix du nom de Suger pourrait sembler paradoxal pour identifier un lycée public, laïc, de la République. Le paradoxe n’est qu’apparent.

Ouvert en 1994, le lycée Suger a été au cœur d’un vaste projet visant à redonner toute son importance au quartier des Francs-Moisins – Bel Air, rappelant que ce quartier faisait partie intégrante de la nation. Idée de nation qui a une longue histoire. Selon Ernest Renan « ce qui constitue une nation, ce n’est pas de parler la même langue, ou d’appartenir à un groupe ethnographique commun, c’est d’avoir fait ensemble de grandes choses dans le passé et de vouloir en faire encore dans l’avenir… » Pour Jules Michelet, « l’unification de la nation est un processus toujours en cours ».

Cette unification a donc aussi pris son sens à travers la politique de l’abbé Suger qui visait à combattre la fragmentation féodale au profit d’un pouvoir royal unificateur. S’il n’était évidemment pas question de lier la naissance du lycée Suger à des questions religieuses ou monarchiques, il s’agissait néanmoins de réaffirmer par ce choix fort cette volonté de construire un espace dans lequel chacun-e a sa place.